LA MAISON BARDY : son histoire, sa destination (location), les travaux effectués ....
La Maison BARDY à SERMAMAGNY
 
L’automobiliste qui emprunte la route de Belfort à Giromagny remarque à peine la Maison BARDY à l’entrée de Sermamagny, sur sa gauche, en contrebas de la route. Dans l’autre sens de circulation, l’immeuble retient plus l’attention. Massive, flanquée de deux petites tours, avec sa porte en plein cintre, la maison à l’air d’un manoir cossu.
La construction, bien qu’assez récente, n’en a pas moins toute une histoire. Après la deuxième guerre mondiale, elle est transformée en lieu de culte et devient la «Chapelle» . Acquise par la commune de Sermamagny en 1985, elle fait l’objet d’importants travaux achevés au début de 1989 et devient centre socio-culturel.
La destination actuelle de cette maison ne doit pas faire oublier ses origines au XIX ème siècle, lorsqu’elle était résidence secondaire d’une importante famille de notables belfortains : « les BARDY ».
Mathieu BARDY (1764-1848) est d’origine auvergnate. Chirurgien militaire, les hasards d’une affectation à l’Armée du Rhin le conduisent à Belfort en 1793. Son mariage, l’année suivante, avec Hélène Ventrillon, d’une vieille famille belfortaine le fixe dans la ville où il fait souche. La date de son intérêt pour Sermamagny n’est pas connue. Les matrices du cadastre conservées aux archives départementales du Territoire de Belfort ne le mentionnent pas encore en 1812. Par contre, en 1826 le Docteur BARDY dispose de 159 francs de revenus imposable dans la commune. Il possède alors un peu plus de trois hectares de près au lieu-dit « Charmois » . Il a pour voisin le meunier François Dauphin. Deux ans plus tard, les deux familles, de voisines, deviennent alliées. Joséphine Dauphin, fille de François et sœur du peintre Gustave, épouse Napoléon BARDY, fils de Mathieu. Le jeune homme a vingt cinq ans. Licencié en droit, il est donc clerc chez son oncle l’avoué Antonin.
La propriété DAUPHIN se compose de prés, d’un verger, de jardins et d’une grande maison. A cette époque, les propriétaires paient des impôts en fonction du nombre de portes et fenêtres de leurs maisons. Aussi, les archives fiscales nous précisent qu’elle comporte vingt et une fenêtres. En 1833, la propriété DAUPHIN comprend plus de treize hectares et elle est estimée à 716 francs de revenu imposable.
La maison devient propriété du jeune couple entre 1833 et 1842. Peut-être entre-t-elle dans son patrimoine lors du règlement de la succession de François Dauphin. Napoléon Bardy procède à des aménagements qui donnent à l’immeuble l’aspect qu’il conserve aujourd’hui.
Juge au tribunal Civil de Belfort et conseiller municipal de la ville à partir de 1831, Napoléon participe activement à la Révolution de 1848. Modéré, il n’en est pas moins un républicain convaincu. Le 23 avril, il est élu député à
l’Assemblée constituante. Celle -ci dissoute, il reprend ses fonctions de juge en juillet 1849. Mais, hostile à Louis Napoléon Bonaparte, sa carrière stagne. Il attend jusqu’en 1858 sa promotion au poste de président du Tribunal de Wissembourg. En prévision de son départ, souvent ajourné, il vend sa maison de Sermamagny en 1854.
De son passage, la marque la plus ostensible est l’initiale de son nom qu’il fit graver sur la clef de voûte de la porte d’entrée. Ainsi, quelle que soit son affectation, l’immeuble reste « la maison BARDY ».
(Page extraite de la revue « La VÔGE »). Philippe DATTLER.