Le
MOULIN de SERMAMAGNY |
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Maurice de Arbourg, actuel maître des
lieux, à bien voulu nous conter l’histoire du Moulin
de Sermamagny. « La construction du moulin date
d’environ 1701, mon grand-père, Léon
Von Arbourg qui était meunier chez Victor
Faivre à Chaux avait décidé de se
mettre à son compte, et il a acheté le moulin en 1892
à un certain Pierre Liblin.
Pour sa part, Maurice a cessé de moudre en 1996 après
avoir succédé à son père, Joseph
de Arbourg en 1976. Le vénérable moulin est
donc entre les mains de la famille de Arbourg depuis
plus d’un siècle durant lequel bon nombre de souvenirs
se sont transmis de père en fils et d’autres plus personnels
restent dans la mémoire de Maurice.
« Avec l’arrivée de Léon
le moulin prend le départ d’une nouvelle vie. Les paysans
semaient beaucoup de grains et ils venaient au moulin pour y faire
moudre leur récolte, c’était l’époque
où l’on fabriquait son pain dans les familles…
Mon grand-père Léon, durant la guerre 1914/1918 avait
beaucoup de travail, il ramassait le grain dans sa tournée
sur Rougegoutte, Grosmagny, Eloie… et il rapportait la mouture
à ses clients. » |
Léon Von Arbourg dut faire face à
un incendie dans son moulin en 1920, et c’est avec beaucoup
de courage qu’il fit la remise en état.
La roue tourne… et en 1935 c’était au tour
de Joseph de reprendre les commandes. Celui-ci
pour se parfaire avait effectué des stages dans différents
moulins dont celui de Faverois. Joseph de Arbourg
continua sur les traces de son père et effectuait beaucoup
de travail à façon.
Meunier l’hiver… sablier l’été.
En 1940 Joseph avait fait installer un moteur pour aider la
grande roue lorsqu’il n’y avait pas assez d’eau
dans le canal d’alimentation.
« Léon et Joseph se consacraient à
leur métier de meunier l’hiver, se souvient Maurice,
la Savoureuse apportait de l’eau en quantité suffisante
et comme tout torrent, l’été elle était
tarie, alors mon grand-père et mon père allaient
recueillir du sable dans le lit asséché et le
revendaient aux entrepreneurs de la région.
Et d’évoquer la largeur plus importante de la rivière,
la zone de rétention naturelle vers le lieu-dit «
Blanchot » qui nous servait de patinoire l’hiver
se remémore avec nostalgie Maurice.
Un peu plus tard, Joseph fait installer un moteur plus puissant
pour entraîner les meules sans avoir recours à
l’eau et afin de pouvoir moudre toute l’année.
Mais les meules de pierre cesseront de produire de la farine
vers 1965, modernisation oblige ainsi que rendement, c’est
donc uniquement des céréales pour l’alimentation
animale qui seront concassées ou alors à de rares
occasions, les meules retrouveront leur destination pour des
démonstrations ponctuelles.
Début janvier 1976, Joseph de Arbourg prend
sa retraite, alors Maurice « veille au grain » et
continue comme ses ancêtres à avoir l’œil
sur les différentes moutures demandées par les
clients, il adjoint une activité de grainetier à
celle de meunier et parcours les environs pour proposer ses
semences aux jardiniers et ses farines de qualité aux
gens qui élèvent des animaux.
Maurice égraine d’autres souvenirs…
« de tous les moulins qui existaient dans le Territoire
de Belfort, Botans, Courtelevant, Chaux, Foussemagne, Thiancourt,
La Madeleine Val des Anges etc… Béthonvillers est
le seul qui fonctionne actuellement de façon commerciale,
il date de 1730, il est la propriété de la famille
Thuriot qui continue à produire farine de blé
et céréales moulues.
Il ne faut pas oublier un deuxième moulin qui existait
à Sermamagny « le Moulin des Champs » sur
la route d’Evette au lieu-dit « Prés du Moulin
des Champs » datant des années 1800 et qui fut
exploité également par mon grand-père Léon
Von Arbourg ».
Concernant ce moulin, dont il ne reste apparament aucun vestige
, ce sont les seules précisions qui pourront m’être
données par Maurice.de Arbourg.
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Puis Maurice me propose une visite de la
machinerie, pour cela on emprunte une échelle de meunier
afin de se rendre au premier étage, ce qui attire la vue
en premier, se sont d’énormes engrenages métalliques
avec des dents en bois positionnées horizontalement «
l’avantage de ces morceaux de bois était qu’en
cas de rupture on pouvait en changer sans avoir à démonter
la roue » m’explique Maurice. La visite continue,
au deuxième étage étaient stockés
les sacs de céréales acheminés par un monte-charge
rudimentaire mais efficace, les grains versés dans une
trémie étaient dirigés vers les meules, où
plus tard vers un broyeur pour ensuite être ensachés
au rez de chaussée sous forme de farine ou de différentes
moutures.
Le projet de Maurice était de remettre le Moulin en état
mais après dix années d’inactivité
« la tâche serait lourde, bon nombre d’éléments
sont en bois et leur état actuel nécessiterait un
remplacement, quant à faire refonctionner le moulin par
la force hydraulique cela serait encore plus délicat, le
canal n’est plus alimenté et le mécanisme
extérieur est pratiquement détruit »
affirme Maurice.
Après cette très intéressante visite ponctuée
de questions, d’explications et de flashs pour les photos,
la vénérable installation retrouve le calme qui
est le sien depuis une décennie.
Nous remercions Maurice de Arbourg pour l’amabilité
avec laquelle il nous a permis la réalisation de ce petit
reportage
Remarques : la particule Von a été
francisée après la guerre de 1939/1945 la situation
de l’époque le nécessitant.
*Murger : mot franc-comtois pour désigner
un petit mur de pierres sèches, confectionné avec
les pierres trouvées dans les champs et qui délimitait
les parcelles.
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